DE L’ALLEMAGNE.
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poste, il me répondit: « Mademoiselle Sophiemourra bientôt, et elle est déjà un ange. »Quelle admirable créature cpie celle dontl’aigre postillon Piper me disait : « C’est unange ! » et il parlait ainsi en cognant les vo-lailles de la cour avec ses gros pieds armés degrosses bottes. La maison de poste , autrefoissi riante et si blanche, était changée commel’hôtesse 5 elle était devenue d’une teintejaune maladive , et les murailles elles-mêmesavaient de profondes rides. Dans la courétaient étendues des voitures brisées, et surun bâton était suspendu, pour sécher, unmanteau de postillon de couleur écarlate,humide et déchiré. Mademoiselle Sophie étaità la fenêtre et lisait; et lorsque je montai verselle, je retrouvai dans ses mains le volumede maroquin rouge h tranches dorées, le ro-man d’Ofterdingen de Novalis. Elle avait tou-jours lu et sans cesse dans ce livre : aussi elleressemblait h une ombre. Sa beauté était toutecéleste, et sa vue excitait une douce douleur.Je pris ses deux mains pâles et amaigries dansles miennes, et je lui demandai : «Mademoi-selle Sophie , comment vous portez-vous ? —Je suis bien , répondit-elle , et bientôt je serai