DE L’ALLEMAGNE.
plus vigoureux et invincible quand il touchaitdu pied la terre , sa mère , tandis qu’il perdaitses forces quand Hercule le soulevait en l’air,ainsi le poète est puissant tant qu’il n’aban-donne pas le terrain de la réalité et devientfaible dès qu’il s’élève en rêvant dans l’espace.
La grande ressemblance qui existe entre cesdeux poètes, c’est que leur poésie est unemaladie. Aussi a-t-on dit qu’il appartient plusaux médecins qu’aux critiques de juger leursécrits. La nuance rose qui domine dans lesécrits de Novalis n’est pas la couleur de lasanté, mais l’éclat menteur de la phthisie j etla teinte de pourpre qui anime les contes fan-tastiques d’IIolfmann n’est pas la flamme dugénie , mais bien le feu de la fièvre.
Mais avons-nous bien le droit de faire detelles critiques, nous qui ne sommes pas com-blés d’un excès de santé ? Et maintenant sur-tout lorsque la littérature ressemble à unvaste lazaret? A moins que la poésie ne soitelle-même une maladie , comme la perle quin’est qu’une infirmité dont soufl're le pauvreanimal nommé l’huître.
Novalis naquit, en 1772, le 2 mai ; il mourutà vingt-neuf ans. Son véritable nom était llar-