DE I/ALLEMAGNE.
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ici , a Paris , j’eus la douleur de revoirM. A.-G. Schlegel en personne. Je n’avaisjamais pu me figurer qu’un pareil changementlut possible. Ce fut peu de temps apres monarrivée. J’allais visiter la maison qui lut habitéepar Molière; car j’honore les grands poètes, etje cherche partout avec un esprit religieux lestraces de leur passage terrestre : c’est un culte.Sur mon chemin , aux piles de la halle, nonloin de cette sainte maison, j’aperçus un per-sonnage dont les traits indécis me parurentoffrir quelque ressemblance avec le GuillaumeSchlegel d’autrefois. Je crus voir son esprit;mais ce n’était que son corps. L’esprit est mort ;c’est le corps qui revient sur la terre. Ce corpsavait passablement engraissé ; la chair s’étaitrattachée a ces minces jambes spiritualistes , eton apercevait même un ventre prépondérant,au-dessus duquel pendait une grande quantitéde rubans d’ordres. La petite tête, jadis sigrise et si argentée , portait une joyeuse per-ruque blonde. L’homme était habillé à la modede l’année 1818 , dans laquelle mourut ma-dame de Staël. Il souriait gaiement, et s’agitaitavec une coquetterie juvénile ; il s’était réel-lement opéré en lui un rajeunissement mer-