DE L’ALLEMAGNE.
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misère. Il est vrai que c’était une misère sanssouci, ou accompagnée cl’un seul souci , àsavoir où l’on buvait le plus de schnaps pour lemoins d’argent.
C’est ainsi que je m’étais toujours repré-senté un poète allemand. Que je fus doncagréablement surpris, lorsqu’en l’année 1 819,tout jeune encore et visitant l’université deBonn, j’eus l’honneur de voir face à face legénie poétique et la personne de M. Auguste-Guillaume Schlegel ! Après Napoléon , c’étaitle premier grand homme que je voyais , et jen’oublierai jamais cette vue ineffable. J’é-prouve encore aujourd’hui la sainte terreurqui pénétra mon âme, quand je me trouvaidevant sa chaire , et que je l’entendis parler.Je portais alors une redingote de hure blanche,une toque rouge, de longs cheveux blonds,etje n’avais pas de gants. Mais M. Auguste-Guillaume Schlegel avait des gants glacés, etil était entièrement habillé d’après la nouvellemode parisienne ; il était encore tout odorantdu parfum de la bonne compagnie et de l’eaude mille-fleurs qu’il ne s’était pas épargnée :c’étaient l’élégance et la gentillesse en per-sonne; et, lorsqu’il parla du grand chancelier