_ ( 55 )
Marat et Roberspierre, entassèrent toutes lesmalédictions sur la tombe de ceux dont ilsavaient été les complices. D’autres, après avoirété les panégyristes de l’homme qui vient detomber, gorgés par lui de biens aux dépens de lanation, déroulent actuellement le tableau desforfaits de celui qu’ils déifiaient. Ayant arborétoutes les livrées, on ne peut les comparer àJanus, car la mythologie ne lui donne que deuxfaces : ils en ont trente. De toutes parts, ilss’agitent , ils intriguent , et se glissent danstous les rangs , pour reconquérir l’influencequi leur est échappée. Ils connaissent la maxi-me de Lysandre que partout où la griffe dulion ne peut atteindre , il faut y coudre lapeau du renard. Tenez pour certain que lesSéjans, les Séides, les sicaires d’un despotismesont toujours prêts à s’enrôler sous de nou-velles bannières. Peut-être le sont-ils déjà,car déjà l’on se demande si l’on n’a pas tenduquelque piège ; si des hommes cachés sous lerideau n’ont pas une arrière-pensée, qui bien-tôt, se dévoilant, serait pour eux le comble del’opprobre, pour nous celui du malheur ; si l’onn’a pas le projet de réduire le souverain, c’est-à-dire la nation, à capituler sur ses droits, parcequ’on veut recevoir un don ; comme s’il était
b