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chef de l’Etat, insultait périodiquement lespuissances étrangères , et diffamait les particu-liers qui lui déplaisaient. Quand des écrivainssoldèrent le rideau derrière lequel s’ourdissentles trames lib.erticides, le despotisme troubléne manque jamais de crier qu’on trouble l’Etat.Identifiant sa cause à l’intérêt de la cause pu-blique, il suppose que celle-ci périclite. L’in-faillible moyen pour un gouvernement de nepas redouter la liberté de la presse, c’est d’êtrejuste. Elle devient alors une sanve-garde del’Etat; elle prévient ou rectifie les erreurs deceux qui le régissent, et par-là même elle for-tifie leur autorité.
Sénateurs, vous venez de proclamer la li-berté de la presse, et le lendemain la censureest rétablie. Se joue-t-on des principes etdu public? Je sais de quels prétextes on colorecette mesure. En ce moment où commenceune réaction nouvelle, de vils et lâches pam-phlétaires sonnent le tocsin des calomnies, in-voquent la discorde, ressuscitent les haines, etde toutes parts répandent leur venin, les ou-trages et les impostures. Si c’est une capitationimposée par les méchans , je pourrais, certes,me plaindre d’avoir été souvent surtaxé ; maisje n’en soutiendrai pas moins que la liberté