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En général, dans des terres d’égale valeur, on n’ob-tient une récolte plus abondante de l’une que des autres,qu’en y faisant plus de dépense ou qu’en y donnant dessoins plus actifs et plus heureux; et certainement il estde la justice et de l’intérêt de la nation de ne pas sur-taxer les avances hasardées et les peines de l’hommelaborieux qui a l’avantage d’augmenter la vraie richessede son pays, et qui n’y parvient souvent qu’a près desessais et des travaux dispendieux, dont les rembourse-mens ne sont cependant pas des revenus pour lui : maisquand d’abondantes récoltes, ainsi obtenues, sont profi-tables à sa fortune, elles le sont doublement à celle desa patrie, et par l’accroissement de la masse des subsis-tances , et par les utiles exemples qu’elles y donnent.
Les prés naturels nécessitant moins de dépense queles terres labourables, l’évaluation de leur revenu impo-sable sera plus facile. En estimant leur revenu, il estjuste d’y comprendre celui des arbres qui peuvent y êtreplantés, mais aussi d’avoir égard à la diminution qu’ilsapportent dans la fertilité du terrain qu’ils ombragent.Ces observations sont également applicables aux autresnatures de biens.
Dans l’évaluation des prairies qui ne servent quede pâturages possédés par des particuliers , par descommunautés d’habitans, ou par la nation, il nefaudra comprendre que le revenu moyen que l’on enretirerait en les affermant, sans fournir les bestiauxqu’elles nourrissent, ni aucun bâtiment.