9
Si les bruits qui circulent étaient fondés, mesconjectures auraient porté les sommes que lesbanquiers pourraient payer, au-dessus de la limitequ’ils ont fixée eux-mêmes. On assure qu’ils n’ontvoulu s’engager qu’à fournir 3oo millions, et qu’au-delà de cette somme , ce serait au ministère à seprocurer, comme il l’entendrait, les moyens deremboursement.
Je ne saurais admettre l’existence d’un pareiltraité, qui mettrait tous les avantages, sans au-cun péril , du côté des banquiers ; tous les sacri-fices et tous les risques du côté du gouvernement.Mais ce qu’on dit nous donne la mesure de l’opi-nion commune sur l’étendue des sommes que cesmessieurs pourraient fournir.
En évaluant moi-même ces sommes à cinq ou fsix cents millions, je crois faire une part très belleà leur crédit ; et encore, pour qu’ils puissent dis-poser d’une telle masse d’argent, il faut qu’il n’ar-rive en Europe aucun événement qui soit de na-ture à troubler leurs mesures; il faut qu’il ne seforme, contre eux, aucune coalition ennemie ; carle moindre bruit de guerre, ou l’union de quelquesgrandes maisons de banque, suffirait pour les ar-rêter.
En résultat, le succès de l’opération dépend desrentiers, des événements et des maisons de banquerivales de celles qui traitent avec le ministère.
■F