Notice préliminaire." vif
Les uns imaginèrent diverses hypothèses pour expli-quer ces irrégularités, d’autres conclurent qu’il fallaitabsolument rejeter la formule; personne ne pensaità la véritable cause; et cette omission est bien extraor-dinaire, quand on songe que deux hommes du plus raremérite et de talens divers, l’un physicien aussi ingé-nieux qu’exact, l’autre géomètre des plus inventifs etdes plus subtils,Bouguer et Lambert s’étaient tous deuxbeaucoup occupés du baromètre et de ses applications.
Ce fut M. Deluc qui découvrit enfin la source detoutes ces anomalies ; il chercha dans les observationsmômes la correspondance qui existait entre la tem-pérature de l’air et les corrections que la formuleexigeait. Des expériences nombreuses sur les dilata-tions comparées de l’air et du mercure, lui apprirentà démêler, à reconnaître les lois que ces correctionsdevaient suivre, et l’intensité qu’il fallait leur attribuer.
Cette découverte remarquable , en donnant à laformule barométrique une exactitude inespérée, ra-nima le zèle des physiciens. Les observations du ba-romètre se multiplièrent. M. Maskeline s’empressa detraduire la nouvelle formule en mesures anglaises.M. Playfair y ajouta une correction pour la varia-tion de la pesanteur à diverses latitudes. Le che-valier Sehuckburg , par des mesures très-exactes ,vérifia les résultats de M. Deluc, et leur donnaune nouvelle précision. Le général Roi en fit pareil-lement l’application sur un grand nombre de pointsdes Iles britanniques. Les Alpes furent nivelées parMM. de Saussure et Pictet ; les Pyrénées le furent