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2 Pt. 1 (1843)
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166
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l6() TROISIEME PARTIE.

ses bonnes qu-alités nutritives. Sa chair blanche etferme est de facile digestion : aussi les médecins lepermettent-ils aux convalescents ; convient à toutessortes d'âge et de tempérament.

Je me rappelle que, du temps du consulat et del'empire, ce poisson était fort rare et írès cher dansnos marchés ; la liberté des mers en a rendu la pêcheplus facile et plus abondante ; maintenant nous enrecevons à Paris de très beaux et d'une fraîcheur sa-tisfaisante , caries plus estimés nous arrivent de Mar-seille.

Le brillant de l'œil et la fermeté de la chair an-noncent sa bonne qualité.

Les Grecs surent apprécier sa succulence, et lesRomains en furent grands amateurs. Juvénal racontequ'à Rome quatre de ces poissons furent payés 4oosexterces, et que l'empereur Tibère, en ayant reçu encadeau un qui pesait cinq livres, le fit vendre 4,000sexterces. Cela ne doit pas étonner quand on penseaux Apicius, aux Lucullus, étaux Yitellius. Ce der-nier dépensa en quatre mois 18,000 millions. Lucul-lus fit servir à Pompée et à Cicéron un ambigu quilui coûta 25,ooo livres, et le célèbre Apicius s'em-poisonna après avoir dépensé i5,ooo livres en expé-riences culinaires , craignant de mourir de faim avecvingt-quatre mille écus qui lui restaient encore.

Quelles dépenses, el quel faste gastronomique! Necroirait-on pas que ce sont des fables racontées àplaisir pour surprendre l'imaginatíon des peuples mo-dernes?