54 TROISIÈME PARTIE.
temps suivant cinq furent pris au même endroit, elles autres furent pris les deux années suivantes.
Yoici un fait curieux sur la pêche du saumon on.Bretagne. La rivière qui traverse la petite ville deChâteaulin en fournit une grande quantité. Unelarge chaussée partage cette rivière en deux parties;les eaux s'écoulent en dessous par des arches qui sontgrillées. Le saumon, en remontant la rivière, setrouve arrêté, et, ne pouvant suivre son voyage, làcomme aux cascades, il s'élance hardiment des eauxpour franchir la chaussée ; mais comme elle est troplarge, il s'y trouve arrêté sur des berges de verdureoù les pêcheurs n'ont plus que la peine de le ramas-ser.
Le Rhin abonde en petits saumoneaux, que l 'onpêche au printemps, et qui sont éclos à la fin de l'an-née. Les pêcheurs de Mayence et de Francfort ontl'habitude de plonger ces petits poissons une secondedans une eau de sel bouillante, dans laquelle ils ajou-tent un peu de vinaigre et d'herbes aromatiques, afinde leur donner du goût ; dès qu'ils sont parfaitement 3froids , ils les arrangent par lit sur du persil effeuillé -placé dans de petites boîtes de bois de sapin qui encontiennent depuis cent jusqu'à mille, et les fontainsi voyager dans les grandes villes d'Europe. J'enai servi chez M. le baron Rothschild de Paris, quivenaient de Francfort, et qui étaient fort appé- \tissants et de très bon goût. En Angleterre , M. j N•
Mill a fait l'essai de naturaliser les saumoneaux dansune petite rivière dont le fond était d'argile. '1 roisans après , il en prit qui avaient huit pouces delong; ils n'en avaient que quatre lorsqu'ils les avait