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Sismondi
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LES REMEDES 145

legislation, en diminuant rapidement cette classe d'ouvriersqui disputent les uns contre les autres ä qui saura le mieuxse passer meme de ce qui est necessaire ä la vie, et en for-cant chaque metier ä supporter avec ses propres ressourcesles pertes qu'il aurait attir6es sur lui-meme par une pro-duction hors de saison, serait de faire bientöt reconnaitreque plusieurs manufactures, que l'on considere commegagnantes, perdent r£ellement; car les secours que la soctete'donne chaque ann£e ä leurs ouvriers, fönt plus que compen-ser leurs benefices. Sans doute il s'ensuivrait que plus d'unpays qui ne vit que d'industrie, verrait successivementse fermer plusieurs de ses ateliers, et que la populationdes villes, qui s'etait accrue outre mesure, diminueraitbientöt, tandis que celle des campagnes recommenceraitä s'accroitre.

Un Etat doit accueillir avec reconnaissance l'industrienouvelle que les besoins des consommateurs developpent,mais il doit aussi laisser partir l'industrie qui le quitte,sans effort pour la retenir. Toutes les faveurs que le gou-vernement lui accorde, tous les sacrifices qu'il fait pour lasoutenir dans sa döcadence, ne servent qu'ä prolonger lasouffrance ou des chefs ou des ouvriers, et il ne sauve lamanufacture d6clinante qu'aux depens de ceux m6mesqu'elle doit faire vivre.

Une seule nation, il est vrai, se trouve aujourd'huidans cette condition forcee ; une seule nation voit contras-ter sans cesse sa richesse apparente avec l'effroyable miseredu dixieme de sa population, reduit ä vivre de la charitepublique. Mais cette nation, si digne sous quelques rapportsd'Stre imitee, si ^blouissante me'me dans ses fautes, a seduitpar son exemple tous les hommes d'fitat du continent. Et,