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subsistance sans revenus, pour acqueYir cette habilete\ parlaquelle il est supeYieur au commun des hommes. L'epin-glier, le tisserand, l'ouvrier dans une filature, savent fairequelque chose de plus que le manoeuvre ordinaire ; ils ontacquis la connaissance de leur metier par plus de travailet de plus longues privations. On ne remarque point l'em-ploi et la deperdition du capital qui les a formet, parcequ'il est pris sur leurs petites avances ou sur les petites€conomies de leurs parents. Cependant ils ont r^ellementcoüte" une certaine somme, et leur travail devrait en rap-porter la rente ä fonds perdu, en sus du salaire commun.II arrive souvent, dans toutes les crises du commerce, toutle contraire ; on voit le manufacturier travailler ä plus basprix que ne ferait l'ouvrier de terre, ou le manoeuvre desmacons ; l'habilete qu'il a acquise n'a servi qu'ä Computerla valeur insuffisante de son travail, de maniere ä la rendre6gale au prix de sa subsistance.
Quoique l'uniformite des Operations auxquelles se r£duittoute l'activite" des ouvriers dans une fabrique sembledevoir nuire ä leur intelligence, il est juste de dire cependantque, d'apres les observations des meilleurs juges, en Angle-terre, les ouvriers des manufactures sont supeneurs enintelligence, en instruction et en moralite\ aux ouvriersdes champs. Ils doivent ces avantages aux moyens nom-breux d'instruction, qui, dans ce pays, ont €t€ mis ä laport£e de toutes les classes du peuple. Vivant sans cesseensemble, moins epuis£s par la fatigue, et pouvant se livrerdavantage ä la conversation, les id6es ont circule" plusrapidement entre eux ; des qu'elles ont commence" ä 6treexcit^es, l'emulation les a bientöt mis fort au-dessus desouvriers de tout autre pays. Cet avantage moral est bien