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chaque cite oü se trouvait une population agglomeree,les colonies espagnoles voulurent faire des republiquescolossales de tous les espaces marques sur la carte, commeun seul gouvernement, espaces oü des cites et des planta-tions isolees, de loin en loin, n'avaient aucune communauteni d'esprit ni d'interet. Ces republiques demesurees, quin'avaient elles-meimes ni homogeneite, ni patriotisme, ontcependant triomphe de l'Espagne, comme confederation,parce qu'un amour commun de l'independance les unissait.Elles n'ont pu ensuite ni se constituer, ni eviter les guerresciviles, parce que le pouvoir central de chacune est entreen lutte avec toutes ses parties ; parce qu'on l'avait voulufaire fort comme on voudrait faire la Suisse forte, en aug-mentant les attributions du gouvernement, et qu'on l'avaitau contraire rendu faible comme on rendrait la Suissefaible, en provoquant, sur tous les points, la resistance ;en somme, c'est comme federation que les colonies espagnolesont brise le joug de l'Espagne, c'est comme republiquesunitaires et demesurees qu'elles ne peuvent s'arracher äla guerre civile et ä l'anarchie.
En presence de tant d'exemples, il est etrange qu'onait pu hesiter ä reconnaitre dans le Systeme federatif leSysteme de la resistance, le seul Systeme par lequel unenation non organisee puisse ecliapper ä l'oppression. Unegrande nation, lorsqu'elle est dejä constituee soit en monar-chie, soit en republique, lorsqu'elle a des arsenaux, desarmees, un tresor, un credit, des impöts regulierementpercus, un gouvernement redoute de tous, obei de tous,peut sans doute, non seulement se defendre, mais remporterde grandes victoires, et en tirer tout le parti possible. Unenation, au contraire, qui est surprise au milieu d'une