INTRODUCTION II
un disciple d'Adam Smith, malgre d'ineVitables dissidences,tandis qu'il se pose en adversaire irreductible des 6cono-mistes qui, venus apres Adam Smith, ont voulu transformerl'economie politique en une science de principes. Et s'ilse plait ä insister sur le caractere complexe de l'objet dela science sociale, c'est qu'etant complexe, il est variable :on peut donc le faire varier ä son gre, dans les limites dece que l'expenence donne comme 6tant possible. II pensedonc echapper ainsi ä ce qu'il considere comme le secondvice de la doctrine ricardienne : son fatalisme. La science,entre les mains des £conomistes orthodoxes, « est tellementspekulative qu'elle semble se dötacher de toute pratique ».Le Systeme de Ricardo tend ä prouver « que tout est egalet que rien ne fait de mal ä rien ». Et fatalisme et sim-plisme sont peut-fitre lies ensemble. Aux yeux de l'eco-nomie politique orthodoxe, la division de la sociäte" enclasses se construit en partant de certaines donn^es simples ;il est naturel qu'elle soit simple aussi, et que l'apparitionde trois classes separ^es de proprietaires, de capitalisteset de salaries, offre le m&me caractere de necessite' quiappartient aux lois simples de la nature. Sismondi se placeä un point de vue tout different. II ne conteste pas qu'une£conomie politique scientifique soit possible ; mais eile apour point de depart, non pour point d'arrivee, ces distinc-tions de classes qui sont le produit, toujours changeant,infiniment complexe, de l'histoire. Etant donnee une cer-taine division de la societe 6conomique en classes, onpeut £tablir, en partant de l'existence de ces classes, quelleslois necessaires gouvernent la societe' qui en est compos6e,et 6tablir aussi quel est l'effet de l'operation de ces lois surle bonheur des individus qui en sont membres. Si l'effet