1U190pliquer les effets de la Na-ture, la formation & laconservation de l'Univers,par le seul mouvement desatômes. Cet Ouvrage aété réfuté par le magnifi-que Poéme Latin du Cardi-nal Polignac. On ne peutdisconvenir qu'il n'y aitbeaucoup de force, de no-blesse, & même de génie,dans la Poésie de Lucrece,mais ses vers n'ont pointl'harmonie & la douceurde ceux de Virgile. Lucrecese fit mourir lui-même àl'âge de 42 ans.LULLY (Jean-Baptiste),Musicien François, né àFlorence en 1633, mortà Paris en 1687. Quoi-que ce Musicien soit né enItalie, la France le met,à juste titre, au rang desgrands Hommes qu elle aproduits, puisque en effet,c'est dans son sein qu'il aexercé les talens qu'il a reçus de la Nature, & qu'il afait ces magnifiques Ouvrages qui rendront son noma jamais précieux aux Ama-teurs de la Musique Françoise. Ce fut un de nosOfficiers Militaires qui engagea Lully, encore jeune.de venir en France. Peu detemps après son arrivée àParis, il se fit connoître &rechercher, pour le goût
10avec lequel il jouoit duViolon. Mademoiselle deMontpensier l'attacha à sonservice, & Louis XIV luimarqua bientôt après, le casqu'il faisoit de son mérite,en lui donnant l'inspectionsur ses Violons; on en créamême une nouvelle bande.en ſa faveur, qu'on nommales petits Violons, paropposition à la bande desVingt-quatre, la plus céle-bre alors de toute l'Europe.Les soins de Lully, & laMusique qu'il fournit à sesEleves, mirent, en peu detemps, les petits Violonsdans la plus haute réputation. Lully a fair plusieursinnovations dans la Muſi-que, qui lui ont toutes réuſsi. Avant lui, la Basse & lesParties du milieu n'étoientqu'un simple accompagne-ment, & l'on ne considéroit que le chant du Dessus,dans les Piéces de Violon;mais Lully a fait chanter.toutes les Parties aussi àgréablement que le Dessus,il y a introduit des fugues.admirables, il a étendu l'em-pire de l'harmonie, il atrouvé des mouvemens nou-veaux, & jusques-là, inconnus à tous les Maîtres;il a fait entrer dans lesConcerts, jusqu'aux Tam-bours & aux Timbales ; des