D U244des traits trop forts, ou pardes couleurs trop crues;c'est, enfin, lorsqu'il n'y apoint une certaine noblesse,& un goût tendre & gra-cieux dans le Dessein, &dans le Coloris.DURAND (Gilles), Sicutde la Bergerie, Poéte François. Il a donné un Recueilde ses Poésies, sous le titrede Gayetés Amoureuses,qui ne sont pas fort esti-mées. Il réussit mieux dansle stile familier. On a delui, une Piéce sur le Tré-pas de l'Ane ligueur, regardée comme un chefdœuvre, dans le genreburlesque. Durand écrivitcontre l'Etat, & fut punide mort à la fleur de sonâge, le 28 Août 1590.DU-RYER (Pierre), néà Paris l'au 1605, reçu àl'Académie Françoise en1646, mort en 1658, PoéteFrançois. Cet Auteur étoitfort pauvre, & travailloità la hâte, pour faire sub-sister sa famille, du produitde ses Ouvrages. On rap-porte que le Libraire Som-manville lui donnoit unécu pour la feuille de sesTraductions ; le cent desgrands vers, lui étoit payé.quatre francs, & le centdes petits, quarante sols.C'est ce qui fait qu'on a de
DUEAlui un grand nombre d'Ou-vrages, mais tous négligés:& l'on peut dire de lui: Ma-gis fami quam famae infer-viebat. Il a fait dix-neufPiéces de Théâtre. Cellesqui lui ont fait le plusd'honneur, sont, les Tra-gédies d'Alcionée, de Saül,& de Scevole. On dit que lasçavante Christine, Reinede Suéde, ne pouvoit selasser d'admirer les beautésd'Alcionée, & qu'elle se fitlire cette Piéce jusqu'à troisfois dans un jour. La Tragédie de Scevole, paroîtprésentement emporter leprix sur toutes les autres ;on la voit encore avec plai-sir.AU - FORTE (GravureL à l'); on ne connois-soit point cette maniere degraver avant le quinziémesiécle. André Montagna,Peintre de ce temps, fut lepremier qui essaya de graver au burin sur l'érain. De-puis, Albertdure, fameuxPeintre, & habile Orfévre,poussa plus loin les expé-riences. Il se servit de l'Eauforte, pour faire mordre deseſſais tracés ſur des planchesde cuivre verni, ce qui luiréussit. On se servoit autre-