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Dictionnaire Portatif Des Beaux-Arts, Ou Abrege De Ce Qui Concerne l'Architecture, la Sculpture, la Peinture, la Gravure, la Poésie & la Musique : Avec La définition de ces Arts, l'explication des Termes & des choses qui leur appartiennent ; Ensemble Les noms, la date de la naissance & de la mort, ...
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LVvoyoient réciproquementleurs Ouvrages ; ils travail-loient par émulation, &souvent ils exécutoient tousles deux, les mêmes sujets.Albert dessinoit mieux queLucas, mais celui-ci met-toit plus d'accord dans sesOuvrages. Lucas n'a pointjetté assez de variété dansses têtes, il a mal entenduses draperies; son Desseinest incortect & son pinceaun'est point assez moelleux ;mais il a donné beaucoupd'expression à ses Figuresses attitude sont naturel.les, & il a choisi un bon tonde couleur: ses Desseinssont recherchés. Il manioitfort bien la plume, sa tou-che est spirituelle & légere.On a de lui une grandequantité d'Estampes gravées.au burin, à l'eau-forte & enbois. Le Roi a plusieurs ten-tures de Tapisseries faitesd'après les Desseins de Lucas.LUCILE (Caïus Lucilius),Chevalier Romain, àSuessa, ville de la Campanie, l'an de Rome 605,Poéte Latin. On regardeLucile comme l'inventeurde la Satyre parmi les Latins, parce qu'il lui a don- sa derniere forme, tellequ'Horace, Perse, & Juveual, l'ont depuis imi-tée. En effet, Ennius

LU389avoit fait, avant lui, desSatyres, il employoitdes vers de différentes me-sures. Lucile avoit compo- trente Livres de Satyres,dans lesquelles il ne respec-toit que la Vertu, & atta-quoit les Personnes les plusqualifiées, sans ménage-ment pour leur rang, nipour leur naissance. Les versde Lucile se sentoient de laprécipitation avec laquelleil les faisoit. Ses railleriesétoient piquantes, mais laplûpart, d'un goût fin &délicat. Horace comparecet Auteur à un Fleuve qui,parmi beaucoup de boue,roule un sable précieux Ilne nous reste que quelquesfragmens des Ouvrages deLucile.LUCRECE (Titus Lucre-tius Carus), l'an deRome 658, Poéte Latin.On lui donna un Philtrequi dérangea son esprit; iln'avoit que quelques mo-mens, maître de lui-même, il composa les sixLivres de son Poéme de Re-rum Naturâ. Lucrece a en-trepris d'y établir le systê-me d'Epicure, & de détruirel'empire de la Divinité. Per-sonne n'a parlé avec plusd'audace & de témérité, dela suprême Providence. Lebut de son travail, est d'ex-Bb iij