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Tom. 1 (1685)
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250
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RAPHAEID'URBIN.

250II. ENTRETIEN SUR LES VIESa vécu : car aussitost qu'il eût commencé de tra-vailler sous Pietre Perugin, il se rendit capablede le bien imiter. Mais comme il avoit trop delumiere pour ne pas di$cerner les divers degrez deperfection qui se trouvent dans la peinture, iln'eût pas sitost veû les tableaux de Leonard, qu'ilreconnut les defauts de sa premiere maniere, &en prit une autre beaucoup meilleure. Enfin, $e$entant a$$ez fort pour ne plus s'arre$ter à $uivre lespas des autres Mai$tres, on le vit, non $eulementcomme une Abeille prendre l'e$$or, pour ama$$erde tous co$tez ce qu'il rencontroit de meilleurdans les ouvrages des Anciens, & dans ce que laveûë peut découvrir de plus beau pour s'en faireune nourriture particuliere : mais il parut com-me une Aigle genéreuse s'élever audessus de tou-tes les choſes viſibles, pour contempler des idéesplus parfaites dont il formoit ses ouvrages. Au$$iI on y voit des traits semblables à ceux des an-ciens Grecs, parce qu'ils ont tous pui$é dans unemesme source, & se sont servis d'exemples pa-reils, lors qu'ils ont voulu travailler à ces rareschef-d'œuvres de l'Art, où la Nature e$t repre-sentée dans une beauté & une perfection qu'ellesemble n'avoir jamais fait voir qu'à ces grandshommes.Raphaël connoiſſoit pourtant bien que l'eſpritde l'homme a $es bornes ; qu'il e$t comme ren-fermé dans certains sujets ; & que quelque peinequ'on prenne pour aquerir toutes les parties de