ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 249cellence de ces peintures, quelle perte l'on faisoit RapraerD'URBIN.dans la mort de ce ſçavant homme.Outre qu'il eſtoit, comme je vous ay dit, beau& bien fait de corps : il avoit une grace, unebonté, & une douceur qui gagnoit le cœur detous ceux qui le voyoient, particulierement desPeintres qui avoient pour luy un respect & uneamitié toute extraordinaire. C'estoit à qui luyferoit le mieux sa cour ; & jamais on ne le voyoitsortir qu'il n'en eust plusieurs avec luy, qui te-noient à grand honneur de l'accompagner. Il estvray aussi que cette deférence qu'ils avoient poursa personne ne le portoit point à s'élever audes-sus d'eux : il les traitoit comme s'ils eussent estéses égaux, & cette belle maniere d'agir faisoitque ses éleves mesme vivoient tous ensemble avecbeaucoup d'union & d'amitié. Il prenoit un sin-gulier plai$ir à obliger tous ceux de $a profe$$ion,& s'ils desiroient quelque chose de sa main, ilquittoit aussitost ses autres ouvrages pour leurrendre service.Comme il donnoit liberalement ſes deſſeins àses éleves, & à plusieurs Peintres, qui estant forthabiles s'efforçoient de l'imiter autant qu'ils pou-voient : il s'est répandu parmi le monde, & dansles Cabinets des curieux beaucoup d'ouvragesqu'on a fait pa$$er pour e$tre de $a main.Ce qui e$t digne de remarque dans cét excel-lent homme, e$t le progrés inconcevable qu'il afait dans son art pendant le peu de temps qu'ilIiI. Tome.
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