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ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 145les mirent tous à la chaiſne, & les menerent en FrerePHILLPPE.Barbarie.Il y avoit dix-huit mois que Frere Philippe e$-toit dans l'esclavage, lors qu'il s'avisa un jour deprendre du charbon, & de tracer contre une mu-raille le portrait du maiſtre qu'il ſervoit. Il le re-pre$enta $i bien, & avec les me$mes habits qu'ilportoit d'ordinaire, que ce Barbare en fut d'au-tant plus surpris, qu'il n'avoit jamais veû rien depareil. De façon qu'admirant ce portrait, il obli-gea Philippe à luy en faire encore quelques au-tres, dont il le récompensa bien ; car il luy don-na gratuitement la liberté, & le fit conduire $eû-rement juſques dans Naples.Lors qu'il y fut établi, il travailla pour le Ducde Calabre, qui fut depuis Alfonse Roy de Na-ples, & fit ensuite plusieurs tableaux en divers en-droits d'Italie. On remarque qu'il a e$té le pre-mier qui a peint des figures plus grandes que lenaturel.Il fut au$$i employé par le Pape Eugene IV.qui l'estimoit beaucoup à cause de son sçavoirseulement ; car n'estant pas d'une vie fort reglée,il ternit par ses mauvaises mœurs l'honneur qu'ilauroit pu meriter par sa science. Il estoit telle-ment abandonné aux débauches honteuses & auxplaiſirs infames, qu'on croit meſme que ce fut lacause de sa mort, & qu'il fut empoisonné par lesparens d'une femme qu'il voyoit trop librementl'an 1438. eſtant âgé de 57. ans.I. Tome.