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Tom. 1 (1685)
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128
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GIOTTINO.

128 II. ENTRETIEN SUR LES VIESdans la chaleur de cette vergeance ils devoroientcette chair à demi vivante ; mais il y eût mesmedes hommes, si on les peut nommer tels, qui enemporterent des morceaux dans leurs mai$ons, &qui de ſens raſſis les firent roſtir ſur les charbons,& les mangerent avec plaiſir.Cependant ce peuple s'e$tant la$$é dans un $ihorrible maſſacre, ou plûtoſt s'eſtant commeenyvré dans le sang de ces deux mi$erables, ne $esouvint plus de demander le troisiéme qu'on luyavoit promis, lequel se sauva à la faveur de lanuit, & par le moyen de ses amis.Le troiſiéme jour d'Aouſt on dreſſa les articlesentre les Florentins & le Duc, qui demeura en-core trois jours avec sa famille dans le Chasteau.d' il ſortit de grand matin.Aprés le recit de cette histoire, & aprés tantde cruautez dépeintes, vous ne devez pas estresurpris quand je vous mettray comme devant lesyeux la Peinture que le Giottino en fit dans le Pa-lais du Podesta, par le commandement de ceuxqui gouvernoient.De quelles couleurs, dît Pymandre, put-il $eservir pour bien exprimer un si horrible carnage?& quels traits pouvoient a$$ez bien repre$enter larage d'un peuple irrité, & faire voir comment ilavoit ſi-toſt paſſé de l'amour à la haine?Il ne pensoit pas, repartis-je, à peindre lesactions de ses compatriotes. Il representa le Ducd'Athenes ; & comme ce n'estoit pas une person-ne