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ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 127Duc en leur con$ideration l'avoit fait Chevalier GIOTTIO.il n'y avoit pas long-temps. Mais comme parmile peuple, il y avoit des parens & des amis de ceuxqui avoient esté mal traitez par le Duc, & par sescréatures, ou qui avoient e$té tuez & ble$$ez lesjours précedens, ils n'eurent nul égard ni à l'âge,ni à la bonne mine de ce jeune homme. Ils lereceurent comme une victime qu'on leur mettoitentre les mains pour e$tre offerte aux manes desdéfunts ; & apres luy avoir donné mille coupsd'épée & de pique au travers du corps, il ne cru-rent pas avoir aſſez ſatisfait à leur vengeance.qu'en pre$ence de $on mi$erable pere, ils ne l'eu$sent mis en pieces, & dechiré avec leurs mains &avec leurs dents.Ils n'eurent pas ſitoſt achevé ce cruel carnagequ'ils se préparerent pour un autre ; & commesi le sang qu'ils venoient de succer, & dont ilsavoient les mains & la bouche toutes teintes, leseust davantage alterez, ils se mirent à crier avecplus de force, & à demander le pere qu'on leurlivra auſſitoſt, & qu'ils traiterent encore plus cruel-lement que le fils. Il y en eût que la haine & lafureur rendirent ſi inhumains, & ſi barbares, quenon contens de s'estre ainsi souïllez la bouche& les mains, ils voulurent que leurs entrailles eu$-ſent part au carnage, & qui pour raſſaſier la faimdont leurs cœurs eſtoient tourmentez, mangerentde la chair de leurs ennemis. Mais ce qui e$t deplus difficile à croire, c'e$t que non-$eulement