126 II. ENTRETIEN SUR LES VIESpiniastra toutefois à ne vouloir faire aucun trai-té avec luy, qu'auparavant il ne leur mist entreles mains le Conservateur & son fils, & Cerre-tieri Visdomini. Cette proposition parut si rudeau Duc de voir qu'on l'obligea$t a livrer luy-mesme ses amis, que ne pouvant se résoudre d'es-tre ainsi le ministre de leur mort, il demeuradeux jours ſans y vouloir conſentir. Mais enfin lepremier jour d'Aoust, les Bourguignons qui es-toient avec luy, sçachant que son accommode-ment avec les Florentins ne manquoit à $e fairequ'à cauſe qu'il refuſoit de leur livrer ces troishommes, ils furent le trouver ; & aprés luy avoirrepresenté qu'il n'estoit pas juste qu'ils perissenttous de faim, pour l'amour de trois scelerats qu'ilvouloit $auver, il y en eût quelques-uns d'entreeux qui en murmurant s'échaperent de luy dire.qu'ils e$toient réſolus non ſeulement de lai$$er pe-rir ces trois personnes, mais luy-mesme encore,plûto$t que de $ouffrir davantage la mi$ere où ilse$toient. De-$orte que le Duc $e vit contraint deconsentir qu'on les livrast entre les mains desFlorentins ; & dés le $oir me$me les Bourguignonsprirent le fils du Conservateur, & le pou$$anthors du Palais, le jetterent en proye à la rage dupeuple.Ce malheureux n'avoit pas dix-huit ans accom-plis ; & comme c'estoit sur luy que son pere &un de ses oncles fondoient leurs esperances, &mettoient toute la grandeur de leur maison, le
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