ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 101qui e$toit d'un temperament jovial & facetieux,luy fit cét O dont on a tant parlé, & qui mesmedonna lieu à un proverbe Italien.Je vous prie, me dît alors Pymandre, de m'ap-prendre l'histoire de cét O, dont je n'ay pû en-core ſçavoir l'origine.Je vous la diray, si vous le voulez, repartis-jemais je doute que vous en $oviez bien $atisfaitcar c'e$t une de ces $ortes d'hi$toires qui ne $igni-fient pas grand' chose, & dont cependant desAuteurs font quelquefois grand bruit. Vous ſçau-rez donc que l'Envoyé du Pape ayant veû à Sien-ne & à Florence tous les Peintres les plus fameux,s'adressa enfin à Giotto, auquel, aprés avoir té-moigné l'intention du Pape, il luy demanda quel-que de$$ein pour le montrer au Pape, avec ceuxqu'il avoit déja des autres Peintres. Giotto quie$toit extrémement adroit à de$$eigner $e fit don-ner au$$ito$t du papier, & avec un pinceau, $ansle $ecours d'aucun autre in$trument, il traça uncercle, & en soûriant le mit entre les mains dece Gentilhomme. Cét Envoyé croyant qu'il semoquoit, luy repartit que ce n'e$toit pas ce qu'ildemandoit, & qu'il $ouhaitoit un autre de$$ein.Mais Giotto luy repliqua, que celuy-là ſuffiſoit;qu'il l'envoya$t hardiment avec ceux des autresPeintres, & qu'on en connoistroit bien la diférence. Ce que le Gentilhomme fit, voyant qu'ilne pouvoit rien obtenir davantage.Or on dit que ce cercle estoit si égalementN iij
Grorre.