GIOITE.
100 II. ENTRETIEN SUR LES VIESqui en les regardant pai$tre les de$$eignoit $ur unebrique, il conceût une $i bonne opinion de l'in-clination naturelle de ce jeune enfant, que l'ayantdemandé à $on pere, il l'emmena chez luy, où ille vit s'avancer tellement dans la peinture, quenon $eulement il $e rendit en peu de temps égalà son Mai$tre, mais il le $urpa$$a de beaucoup.Car il quitta cette maniere rude que ces nouveauxGrecs, Cimabué, & les autres Peintres pratiquoienten ce temps-là, & fut le premier qui $e mit a fairedes portraits au naturel, dont l'u$age e$toit com-me perdu.Je ne m'arresteray pas à vous faire un détaildes ouvrages qu'il fit à Florence, à Arezzo, & enplu$ieurs autres lieux. Je vous diray $eulementqu'ayant aquis une haute réputation en Italie,le Pape Benoiſt XI. qui ſucceda à Boniface VIII.voulant non $eulement remedier à tous les mauxdont l'Italie estoit alors affligée, & à tous les de-sordres que l'horrible ambition de son prédeces-seur y avoit causez, mais desirant encore travaillerà l'ornement & à la décoration des Eglises, en-voya un Gentilhomme exprés à Sienne pour s'in-former quels Peintres il y avoit en plus grandeestime, avec un ordre particulier d'aller a Flo-rence voir les ouvrages de Giotto, dont la répu-tation avoit fait nai$tre au Pape le de$ir de le fai-re travailler à Saint Pierre. Ce fut alors que ceGentilhomme estant allé trouver Giotto, & luyayant demandé un de$$ein de $a main, ce Peintre