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Tom. 1 (1685)
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102
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GIOTTO.

102 II. ENTRETIEN SUR LES VIEStracé, & $i parfait dans $a figure, qu'il parut unechose admirable quand on fceût de quelle sor-te il avoit e$ fait ; & ce fut par que le Pape& ceux de sa Cour comprirent combien Giot-to e$toit plus habile que tous les autres Peintresdont on luy envoyoit les de$$eins. Voilà l'histoirede l'O de Giotto, qui donna lieu au$$ito$t à ceProverbe Italien: Tu se più tondo che l'O di Giotto,pour $ignifier un homme gro$$ier & un e$prit quin est pas fort subtil.Il semble par, dit Pymandre, que le prin-cipal sçavoir de tous ces anciens Peintres consis-ta$t dans la $ubtilité & la délicate$$e de leurs traits.Car ce fut encore par des lignes tres-subtiles &tres-déliées qu'Appelle & Protogene diſputerentà qui l'emporteroit l'un $ur l'autre ; & Protogenene ceda à Appelle que quand celuy-cy eût coupéavec une troisiéme signe plus délicate, les deuxqu'ils avoient déja tracées l'une auprés de l'autre.A vous dire le vray, repartis-je, ni l'O de Giotto,ni ces lignes d'Appelle & de Protogene ne sontpoint capables de nous donner une haute idéede leur grand ſçavoir.Il est vray que nous voyons dans les plus an-ciens tableaux que les ouvriers avoient un $ointout particulier de finir & de marquer les cho$esfort délicatement, taschant de representer jus-qu'aux cheveux & aux moindres poils par destraits les plus subtils qu'il leur estoit possible ; &il n'y eût, comme je croy, que cette délicatesse