ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 85enfant n'ait pas esté taillé par la mesme main quia fait la statue de l'Empereur ; & que ces excel-lens ouvriers $e contentant de finir la principalefigure abandonnoient le reste à leurs éleves? C'esten effet ce qu'on peut dire de plus rai$onnablepour leur défense : mais pourtant cela ne les jus-tifie pas a$$ez, puis que dans les plus beaux bas-reliefs antiques, nous y voyons aussi des defautsde jugement, & des manquemens tout-à-faitcontre l'Optique. Il y a des ba$timens qui ne peu-vent contenir la moitié d'un homme ; des figu-res éloignées qui $ont plus grandes que celles quisont sur le devant ; & d'autres choses que je nem'arreste pas à rapporter, mais qui peuvent fairecroire qu'il y en avoit beaucoup que ces anciensSculpteurs ignoroient. Car comment $e per$ua-der que les ſçachant, ils euſſent commis ces fautes,ou qu'ils eussent pû souffrir qu'un autre les eustfaites dans leurs propres ouvrages. Si ce n'estqu'on veuïlle dire que s'attachant à la principa-le partie de leur sujet, ils en negligeoient lesautres.Aussi est-il certain qu'ils étudioient particulie-rement à bien faire une figure ; qu'ils en ont re-presenté toutes les parties avec une force & unebeauté merveilleuse ; qu'ils ont exprimé les mou-vemens du corps & les passions de l'ame d'unemaniere presque inimitable. Mais sçavez-vouscomment ils s'y sont rendus si sçavans? C'est qu'a-lors il y avoit un nombre infini d'esclaves qui laMI. Tome.
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