Druckschrift 
Tom. 1 (1685)
Entstehung
Seite
88
Einzelbild herunterladen
 

II. ENTRETIEN SUR LES VIES88tion d'une longue suite de tant d'excellens Mais-tres, ne peut-on pas croire qu'avec le temps onarrivera encore à cette me$me perfection?Bien qu'il y eust une infinite de sçavans ou-vriers en Grece & en Italie, tous néanmoins n'ontpas esté au$$i excellens que les Phidias & les Praxi-telles. Parmi ce grand nombre de ſtatues quinous restent, l'on auroit peine d'en trouver cin-quante d'une beauté égale à la Venus de Medicis,au Laocoon, & à l'Hercule de Farnese. Ce sontles chefs-d'œuvres de plu$ieurs $iecles, & le derniereffort du $çavoir de tous ces grands Mai$tres. Au$$ije pourrois vous montrer que les ouvriers de cestemps-, non $eulement n e$toient pas égalementsçavans, mais que plusieurs, mesme des plus sça-vans, n'avoient pas une connoissance universellede leur Art. Car chacun d'eux en étudioit unepartie à laquelle il s'adonnoit entierement; & l'onvoit par leurs ouvrages que s'ils finissoient par-faitement une figure, & la rendoient admirable,ils abandonnoient les autres cho$es dans le$quel-les on peut remarquer beaucoup d'ignorance, oudu moins une négligence tres-vicieuſe.Il n'y a rien de plus beau que la Venus de Me-dicis : cependant y a-t-il quelque rapport entrecette figure, & l'Amour & le Dauphin qui $ont àses pieds? La statue de Commode est un travailrecommandable parmi tous les Maistres de l'Art :l'enfant néanmoins qui eſt ſur ſon bras ne paroiſtque le travail d'un apprentif. Dira-t-on que cétenfant