ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 57tone, en laquelle il fit paroi$tre ce qu'il y avoit Σεύκισιde parfait dans les plus belles filles de la Grece.Néanmoins le tableau où il representa un Athlete,fut celuy de tous qu'il estima davantage, & quipassa dans son esprit pour son chef-d'œuvre : carcroyant ne pouvoir rien faire de mieux, il osabien le proposer comme un défi aux plus excel-lens Peintres de son temps, en écrivant au bas,qu'il s'en trouveroit sans doute plusieurs quiporteroient envie, mais qu'il ne s'en trouveroitpoint qui puſt l'égaler.Lors qu'il fut devenu fort riche, il ne travaillaplus que pour la gloire ; & e$timant $es tableauxsans prix, il les donnoit liberalement aux Prin-ces, & aux villes qui avoient le plus d'admirationpour ſes Ouvrages.Il eût néanmoins pour concurrent Parrhaſius,qui le vainquit dans une gageure qu'ils avoientfaite à qui representeroit le mieux la verité dequelque chose. Cette Histoire est si célebre, quechacun $çait que Zeuxis ayant expo$é en public untableau où il avoit si bien peint des raisins queles Oiseaux venoient pour les bequeter, Parrha-sius en fit apporter un autre où estoit un rideausi artistement fait, que Zeuxis y fut trompé le pre-mier ; car le voulant tirer pour voir l'Ouvragequ'il croyoit estre caché au dessous, il receût lahonte de s'estre mépris, & avoûa que Parrhasiusl'avoit vaincu.Je pense, dit alors Pymandre, que ces MessieursHTome I.
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