ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES.sein, nous en eussions veû une douzaine ; & si cesdouze-là avoient e$té expo$ez au jugement dequelques autres personnes, je ne doute pas qu'ilsn'eu$$ent e$té multipliez encore de la me$me $or-te, parce que chacun trouve toûjours à redireaux choſes qu'il voit, ou plûtoſt deſirant d'avoirpart à leur production, ta$che au moins de met-tre ses pensées au jour quand il n'y peut travail-ler en effet.C'eſt pourtant, luy dis-je, au milieu de toutesces diférentes penſées que ſe trouve engagé ce-luy qui a l'intendance de tous ces ba$timens. Nevous ſemble-t-il pas qu'un Prince, ou celuy quicommande ſous ſes ordres, doit avoir des lumie-res d'autant plus grandes qu'il e$t comme le $euljuge de tant de deſſeins qu'on luy preſente, quiayant tous des beautez diférentes, sont capablesde tenir l'esprit en suspens dans l'incertitude duchoix qu'il en doit faire?C'est, dit Pymandre, ce qui me faisoit tantostpen$er quelle doit e$tre la $cience d'un Archi-tecte qui entreprend un ſi grand ouvrage ; quellee$t la force d'e$prit de celuy qui doit donner lemouvement à une si haute entreprise ; & quelleest la grandeur d'ame du Roy, qui aprés avoirétabli la paix dans son Royaume, travaille en-core avec tant de soin à en augmenter la gloire.Pour moy, je vous avoûë que dans le plaisirque j'ay de voir former tant de nobles des-seins, je ressens une secrette douleur quand jeA ij
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