I. ENTRETIEN SUR LES VIESm'engagea d'aller voir avec luy le dessein de cemagnifique Palais.Nous trouvaſmes dans la chambre où eſtoitce modelle plu$ieurs per$onnes dont nous pri$mesgrand plai$ir d'entendre les diférens jugemensqu'ils en faiſoient.Cét ami qui a le sens bon, & le goust assezdélicat en toutes choſes, obſervoit exactementceux qui sembloient avoir plus de connoissancede l'Architecture. Et de vray, l'amour qu'il a pourcét Art fait qu'il en remarque fort bien toutesles beautéz, & qu'il parle avec beaucoup de ju-gement de la distribution d'un bastiment & desornemens qui servent à l'embellir.Cependant n'eſtant ni l'un ni l'autre de pro-fession à donner nos avis, nous considerasmessans rien dire le modelle de cet édifice admirable,qui $era un jour l'une des merveilles du monde.Aprés quoy nous descendismes dans la grandeſalle du Louvre, où nous demeuraſmes quelquetemps à nous entretenir de ce que nous avionsentendu dire à des gens qui pretendoient eſtrefort ſçavans dans l'art de baſtir.Pymandre ne pouvoit a$$ez admirer les divers$entimens des hommes, & comme quoy ils $ontsi souvent de diférens avis en toutes choses. Encombien de ſigures, me diſoit-il, ce modelle nousauroit-il paru naguéres, $i ceux qui l'examinoientavec tant de soin avoient pû luy donner la for-me que chacun luy souhaitoit? Au lieu d'un des-
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten