332 ENTRETIENS SUR LES VIESouvrages, la nature suffit pour en juger; Acause que l'art descend de la nature, & qu'iln'arrive jamais à son but, que lors qu'il s'ac-commode à la nature meſme, & qu'il la con-tente. Ainsi il est vray que ce qu'il y a dansles Peintures de Freminet de plus à estimer,n'est pas connu de tout le monde, parce qu'ils'est esloigné de la nature, & c'est aussi ce quiles a renduës si peu recherchées. Car encorequ'un Peintre poſſede le deſſein qui eſt la baſede tout son art : Neanmoins s'il ne sçait s'enservir agreablement, par des dispositionsaisées, par des actions naturelles, par des ex-preſſions agreables ; Et que tout cela ſoit en-core accompagné de couleurs, d'ombres &de lumieres bien conduites, & bien enten-duës ; Il eſt certain que, non ſeulement les per-sonnes les moins connoissantes en cét art, ne seplairoient pas à voir de tels ouvrages, maisaussi les sçavans, qui se lassent bien-tost de lesregarder. Parce qu'il en est de ces sortes dechoses comme de ceux qui chantent ouqui joüent d'un instrument. Quoy qu'ils$oient tres doctes dans la Mu$ique, & qu'ilschantent avec science ; il faut pour plai-re à ceux qui les eſcoutent, que la voix ſoitconduite, ou que l'instrument soit touché
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