Druckschrift 
3 (1684)
Seite
331
Einzelbild herunterladen
 

ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 331Cabinets, & si j'ose vous parler librement, jevous diray qu'ayant consideré plusieurs fois laChapelle de Fontainebleau, je n'ay rien trou- qui me peut plaire, quoique je tachaſſe deme conformer en quelque $orte au jugementde ceux qui en faisoient estat ; à cause peutestre que l'ouvrage n'estant fait que pour lessçavans, j'ay trop peu de connoissance pouren découvrir les beautez.Si le vulgaire meſme, luy repartis-je, di-stingue ce qu'il y a de choquant, ou d'agrea-ble dans les diverses cadences du stile, & desvers ; on ne doit pas trouver mauvais quevous disiez vostre sentiment sur les peinturesde Freminet. La force de la Nature est admi-rable dans le jugement qu'elle fait des chosesde l'art, non seulement comme dans les Ta-bleaux & dans les Statuës, mais encore enplusieurs autres ouvrages, dont les hommespar une notion commune, diſcernent les beau-tez & les deffauts. Peu de gens, dit Ciceron,sçavent la Poësie & la Musique; si neanmoinsun Acteur ga$te un vers par une fau$$e pro-nonciation, ou si un Musicien tombe dansquelque diſcordance, le peuple meſme en té-moigne du dégoust : Tant il est vray, que s'ilest besoin de sçavoir l'art pour en faire lesTt ij