Pretio pe-riit gratiaartis. Plin.l. 34. c. 8.Clem. Alex.
110 ENTRETIENS SUR LES VIESbelle carnation ; Ou bien encore lors qu'il neveut pas donner de la gayeté à un paysage, afinque la veuë ne s'y arreste pas; mais qu'elle seporte aux figures qui ſont faites pour eſtre leprincipal objet du tableau. Car il est vray qu'ilYa des ouvrages, qui pour eſtre trop riches ensont moins beaux, comme il arriva a la statuëque Neron fit dorer, qui ne put augmenter deprix ſans perdre beaucoup de ſa grace. Ce Pein-tre pensoit avoir bien reussi, qui montrant àAppelle un tableau où il avoit peint Helenerichement vestuë, luy en demandoit son avisou pluſtoſt ſon approbation. Mais Appelle luyrépondit avec ſa ſincerité ordinaire qu'il avoitfait une figure fort riche, mais non pas belle.La beauté ne conſiſte point dans les parures, &dans les ornemens. Un Peintre ne doit pass'arrester aux petits ajustemens, sur tout dansles ſujets d'hiſtoires, où il pretend repreſenterquelque chose de grand & d'heroïque. Il ydoit faire paroiſtre de la grandeur, de la force,& de la nobleſſe, mais rien de petit & de deli-cat, ny de trop recherché. Il en est des ou-vrages de Peinture, comme de ceux de Poësie.Il ne faut pas qu'il paroiſſe que l'ouvrier aitpris plus de plaiſir à ſe ſatisfaire luy-meſme, &a faire connoi$tre le jeu de $on e$prit & la deli-