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Premiere Partie (1746)
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142 Réflexions critiquesreligieux. Tous les peuples ont eu desinstrumens propres à la guerre, & ils s'ysont servi de leur chant inarticulé, non-seulement pour faire entendre à ceux quidevoient obéïr, les ordres de leurs Com-mandans, mais encore pour animer lecourage des combattans, & même quelquefois pour le retenir. On a touché cesinstrumens différemment, suivant l'effetqu'on vouloit qu'ils fi$$ent, & on a cher-ché à rendre leur bruit convenable a l'u-sage auquel on le destinoit.Peut-être aurions-nous étudié l'art detoucher les instrumens militaires autantque les anciens l'avoient étudié, si lefracas des armes à feu lai$$oient nos com-battans en état d'entendre distinctementle son de ces instrumens. Mais quoiquenous n'ayons pas travaillé beaucoup à per-fectionner nos instrumens militaires, &quoique nous ayons ſi fort négligé l'art deles toucher qui donnoit tant de considé-ration parmi les anciens, que nous regar-dons ceux qui exercent cet art aujour-d'hui, comme la partie la plus vile d'unearmée, nous ne laissons pas de trouverles premiers principes de cet art dans noscamps. Nos trompettes ne ſonnent pointla charge, comme ils ſonnent la retraite.Nos tambours ne battent point la chama-

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