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Le Triomphe de la vie, 1900 - 1901
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JEAN DE NOARRIEU

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Jean de Noarrieu soudain sentit en luipasser toute la beauté de la vie.

Dans ses cheveux un souffle froid frémit.

Il sapprocha de Martin et sourit.

11 se sentait comme un roi pacifiquerégnant enfin sur lempire conquis.

« Bonjour,Martin! » Lautre dit: « Bonjour, maître ! »Il prit la main calleuse du berger.

Et puis il dit : « Lucie, viens embrassercelui à qui je veux te marier ? »

La douce vie emplissait le verger

des moineaux, vers lhiver, pépiaient.

Ainsi fut fait. Et quand, vers le vieux puits,

Jean de Noarrieu se retourna, il vit,la bouche rouge et riante, une fille.

Tiens, se dit-il, comme Jeanne a grandi !

Et il fixait avec des yeux surpris

une enfant brune et tendue comme un fruit.

G'était la fille aînée dun métayer.

Elle portait sa cruche sur la tête,un sein dressé par leffort qui haussait

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