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Le Triomphe de la vie, 1900 - 1901
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72
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LE TRIOMPHE DE LA VIE

comme les cloches du troupeau traînassant.

Et la Lucie, joyeuse et rougissante,

criait : « Martin est ! Ouvrez la grange ! »

Lombre souvrit. Une à une les bêtesse pressaient, galopantes, vers les crèches.

Sous leurs cils blancs luisaient leurs yeux dorés.Et des agneaux nés en route suivaient.

Lun, trop jeune encore pour pouvoir marcher,comme une loque, au flanc de lâne, pendait.

Les poules gloussaient, la tête mobile,ouvrant leurs yeux ronds de côté, craintives.Lune sur son dos portait un petit.

Et Jean de Noarrieu voyait la Lucietrembler de joie près du pâtre immobilequi regardait au loin vers les collines.

Elle haletait un peu, les joues rougescomme une grenade ou de la farouche,levant vers lui ses yeux, son nez, sa bouche.

Ses dents riaient, elle frissonnait toute.

Et elle était comme après une course,quand, le cœur plein dair trop vif, on étouffe.