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Le Triomphe de la vie, 1900 - 1901
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LE TRIOMPHE DE LA VIE

où les fumées vrillent, Jean de Noarrieurevient pour déjeuner et parle à ceuxqui attendent la soupe sur les seuils,auprès du noyer et du puits mousseux.

Le temps est lourd. Des flocons de nuages,massés là-bas, signifient que l’orageéclatera, venu de la montagne.

— Fera-t-il du tonnerre? — C’est à croire.

Le fond du ciel est en métal bleuâtre.

Les chats soigneux se peignent près de l’âtre.

Il fait silence. Puis, dans ce silence,roule comme un tombereau s’écroulant.

La campagne est consternée. On n’entendplus rien sous le ciel qu’un éclair bleu fend.Enfin, l’orage, à grosses gouttes lentes,tombe sur la terre en la parfumant.

Et Lucie dit : « Ce tonnerre du diable !

J’ai toujours peur, depuis que dans l’étableil avait tué la Bretonne. » Il dit : « Bah !Cela n’arrive pas toutes les fois...

Allons, petite... Il faut se mettre à table...Tiens, tu as mis là de jolis lilas... »