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Le Triomphe de la vie, 1900 - 1901
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JEAN DE NOARRIEU

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croissent au près d’enchevêtrés taillis.

La fleur d’osier sema la poudre finede son chaton en forme de chenille.

L’herbe devint crue. Et la primevèresur les talus poussa à ras de terre.

Le caltha d’or luisant, la pulmonaire,dont le feuillage semble taché de craie,la cardamine et l’ellébore vertet la pervenche ornèrent les fossés.

On vit passer quelques vols de palombes,rapidement. Les soirs furent plus longs.

Les doux enfants qui portent leurs leçonsmusèrent au seuil sombre des maisons.

On entendit la rainette aux yeux blondscoasser, aigre, creuse et rauque, aux buissons.

Sous les feuilles les musaraignes grincèrent.Et les chansons des merles pleins roulèrent.Les roitelets aux vols brefs sautillèrent.

Les piverts au vol courbe se dressèrent,cognant du bec et griffant de leurs serresl’écorce où ils criaient rouges et verts.