Cette harmonie existe-elle aujourd'hui? Quel estaujourd’hui l’état des connoissances, des caractères, desinstitutions ?
Une multitude de connoissances de détail , une masseénorme de laits, un océan d’idées sur tous les sujets ,des bibliothèques immenses, vastes dépôts des richesses
de l’esprit humain. voilà, au premier apperçu , ce
qui semble déposer en faveur des lumières de notre
siècle. Mais la vérité seule est richesse, et toutes
les erreurs appauvrissent, encombrent, loin d’enrichir, -ainsi toutes les pièces de fausse monnoie, ajoutées à untrésor, ne leroient que le surcharger inutilement, et ilfaudroit commencer par les écarter , pour connoi-tre sa véritable valeur. Or, comment croire que tou-tes ces idées, accumulées sur tous les sujets, grossis-sent réellement le trésor de nos connoissances, puisquepresqu’aucunCS d’ëntr’elles ne sont généralement adop-teés? Quel est aujourd’hui le point entièrement horsde dispute en religion, en morale, en politique, en
histoire, en littérature?. Ce n’est pas que, dans tous
les temps, les vérités les plus essentielles à l’ordre so-cial n’aient été discutées et contredites; mais il y avoitautrefois une marche générale de la société, une ten-dance des idées généralement reçues et des institutionsconformément établies vers un but déterminé. Leclergé et la noblesse, les hommes voués aux grandesfonctions , les savans qui marchoient à la lumièrerépandue par une constitution toute naturelle , ten-doient à l’ordre, à le maintenir, à en faire connoîtrt:et chérir la nécessité. On croyoit généralement enFrance que le Roi étoit le représentant de la divi-nité, que la monarchie étoit le meilleur gouvernement,le plus propre à conduire les hommes au bonheurpar la vertu ; on étoit convaincu que la religioncatholique, venue jusqu’à nous depuis Jésus - Christsans altération , étoit la seule vraie et u’admetloit pointde mélange. Quelques sectaires, quelques hommesséduits par des systèmes républicains ou par des rêve-ries prétendues philosophiques, netoieilt que des ex-ceptions aux lègles générales, aux institutions religieu-ses et politiques, et l'expression, s'écarter des idées gé-néralement reçues, donner dans des écarts, marquoit