DEUXIÈME PARTIE. '£ *{?
séquence de l’arrêt fatal, et non le principe. Leprêtre est sur l’échafaud, parce que le bourreau y amonté devant lui : le bourreau n’est pas là parce quele prêtre s’y trouve. Cette supposition est donc hor-rible : nul n’a le droit de décider qu’il est de l’in-térêt de son semblable de recevoir le coup mortel ;nul, sous ce rapport, n’a donc le droit de disposerdes jours d’autrui.
Autrefois , le père ordonnait d’étouffer l’enfantqui naissait monstrueux ou difforme. Cette conces-sion des lois de l’état outrepassait le pouvoir dulégislateur. Grâce au christianisme et au progrès deslumières, cette coutume atroce n’existe plus. Nousn’avons pas besoin de prouver quelle était impie ,immorale s contentons-nous de faire remarquer que,même dans l’intérêt des états qui en avaient fait unerègle d’utilité, publique , elle était stupide. Que se-raient devenus les Messéniens sans Tyrtée? Et nousmêmes, serions-nous Français encore, si messireRobert du Guesclin avait usé sur son fils Bertrand *de ce beau privilège?
Mais, dira-t-on, si votre ami veut disposer de savie, si lui-même déclare qu’il lui est utile de mourir,est-ce encore un devoir de lui refuser ce douloureuxservice ?
Oui, certes, s’il n’a pas le droit de se donner lamort : s’il l’avait , c’est différent. Mais ceci nousconduit à la question du suicide, que nous allonsexaminer tout à l’heure.
* On sait que Duguesclin était contrefait.
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