DU (JMIÊME PA.UTIE.
4.5
lion c!e la loi que la volonté de mal faire : mais ilsne tenaient pas compte des obstacles que cette vo-lonté rencontre , et de la persévérance qu’il fautmettre à vouloir mal faire pour commettre certainesactions. Certes, celui qui veut être parricide trouvedans sa nature des résistances bien plus fortes ques’il voulait se rendre coupable d’un vol; dans la vic-toire qu’il remporte sur ces résistances il y a bienplus de perversité, parce qu’il lui faut, pour vouloirce forfait , une effroyable énergie de scélératesse.D’ailleurs , il suffirait , pour détruire à ce sujets l’axiome du Portique, de rappeler que le mérite oula culpabilité de toute action augmente ou- décroîten raison du plus ou moins de liberté qu’on eutpour la faire.
On attente à la vie de son semblable, non seule-ment par des actes violens, mais aussi par une ac-tion lente sur ses organes. Lisez dans Schiller l’hor-rible monologue où Frantz méditant les moyens d’a-bréger les jours de sou père , s’écrie avec impatience :« l’arsenal de la mort, est-il donc épuisé ? » c’est auxchagrins qu’il en appelle, pour commettre le parri-cide : il veut user la vie du vieux Moor par le déses-poir, en l’abreuvant de douleurs. Croyez-vous quece crime soit moins affreux , parce que ses effets sontmoins visibles, parce que la justice humaine ne peutpas l’atteindre ? Ils sont coupables aussi, ceux qui, pardes travaux violens, pour un vil intérêt , sacrifientla santé , minent la vie de leurs semblables. Les lois