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Nouveau système d'études philosophiques
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DEUX l È ME PA U T'I R. 3^3

il i)'affirme qu’à coup sûr. Par exemple , dans voireintérêt, pas de présomption devant lui ; il vous pren-drait en pitié : ne soyez pas la dnpe de sa réserve,quand il se dispense de combattre vos opinions hasar-dées : il ne se tait que pour vous engager à vous taire.

Ne vous contentez pas des rapports qui s’ofïYent àvous : essayez-vous souvent, et long-temps, à sup-poser les faits avant de les connaître, avec la res-triction, bien, entendu, que vous 11e prendrez jamaisvos hypothèses pour des réalités, et en vous effor-çant, autant que possible, de rattacher vos conjec-tures à des analogies. Quand on nous parle d’unepersonne inconnue, nous lui donnons sur-le-champune physionomie, des traits que son aspect démen-tira peut-être : les lieux que nous allons visiter,ceux qu’on cite autour de nous dans les livres ; dansles conversations, nous les voyons : il est naturel deles voir ; et il y a un art de les bien voir. C’est ainsique Schiller , qui n’alla jamais en Suisse , a si bienreprésenté dans son Guillaume Tell les mœurs , le cli-mat et les localités helvétiques : il avait créé la Suissedans sa pensée. Faites de même pour les choses àvenir : rassemblez des analogies , concluez des ré-sultats. C’est ainsi qu’on apprend à raisonner, qu’ondonne un sens au mot expérience. Car l’expériencene consiste pas seulement à avoir beaucoup vu ,mais à s’être long-temps identifié avec les faits , enles produisant , pour ainsi dire, de concert avec lanature. Tel homme a plus d’expérience à trente ansque beaucoup d’autres à soixante; parce qu’il compo-