PHILOSOPHIE.
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pos,que des muscles sans souplesse, une poitrine'sans énergie. Il lui faut des voitures à coussins moel-leux, à soupentes flexibles, une nacelle qui glissedoucement sur une eau paisible : encore craint-il lafraîcheur du matin , l’ardeur du midi, les piquûresdes insectes, et l’éclatante lumière du jour. Il lui fau-drait un monde fait pour lui seul, parce qu’il n’a passu se faire pour le monde.
Il en est de même de celui qui exerça les forcesmusculaires aux dépens du système nerveux. Il saitbondir comme un lion, grimper aux arbres commeun singe, ou plonger sous les rivières comme unbrochet : mais à quoi pense-t-il ? que vient-il fairedans la société de ses semblables? qu’a-t-il à leur dire,quand il a raconté sa chasse du matin, son combat dede la veille? rien ; il s’endort. Excellent manœuvre , |
sot électeur, il ferait mieux de fabriquer l’urne que 'd’y déposer son vote. Il ne voit dans nos monumens !
que des masses de pierre , dans nos tableaux que des ■
couleurs, et dans nos livre! que des feuillets couvertsde basane ou de maroquin. C’était uri pauvre hommequ’Hercule, quoiqu’il ait étranglé le lion de Némée,séparé des montagnes, et nettoyé les écuries d’Au-gias.
Aussi voyez l’horrible difficulté qu’éprouve le ro-buste habitant de nos campagnes, lorsque l’ayantappelé sous les drapeaux , vous voulez lui apprendreà lire. C’est un travail beaucoup trop compliquépour son faible cerveau, il aimera cent fois miedxemporter une redoute qu’assembler des syllabes: