PREMIÈRE PARTIE. »43
Interprétation bien différente , puisqu’elle fait dutémoignage humain un argument à priori, au lieud’une preuve à posteriori : interprétation solide,puisqu’elle dérobe la vérité au calcul, en soumettantla preuve qui l’atteste, non plus à des récits quil’apportent j mais à des raisons qui la pèsent. Queles hommes racontent maintenant, qu’ils s’accordentou se contredisent, qu’ils soient trois témoins outrois milliards de témoins, que m’importe? Socrateeut raison contre le polythéisme, et Galilée contrel’inquisition. Qu’il y ait dans ma conscience un échopour Socrate , dans ma raison un tribunal pour Ga-lilée, et je me dispenserai d’aller de porte en portemendier des témoignages. La vérité nx’est apparue.
Tout le monde fera comme moi : tout le mondedira : « Il n’y a qu’un Dieu. »—« La terre tourne ! »non pas parce que les deux sages ont parlé , maisparce que la conscience et la raison ont fait entendreleur voix. Si Socrate m’avait dit : « Dieu n’est pas , »sans attendre des consultations étrangères, j’auraisrépondu : « Tu mens! » Si, après la démonstrationde Galilée, quelqu’un venait me dire : « La terre estimmobile, » je m’écrierais : « Prouvez, » et sans medéranger de ma place, j’attendrais ses preuves,
Au reste , à quoi bon combattre un système quise détruit lui-même , puisqu’il raisonne sans cessepour prouver qu’il ne faut pas raisonner , mais sesoumettre ? c’est le suicide de l’intelligence.
2. Le témoignage des hommes nous est néces-saire : il est tant de faits que nous ne pouvons con-