PHILOSOPHIE.
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J. La croyance s’appelle Foi, quand elle a pourobjet des questions d’un ordre supérieur , qui inté-ressent essentiellement notre bonheur dans cette vieet dans l’autre. Du reste, une partie de ce que nousavons dit de la croyance s’applique à la foi. Elle nerepose pas sur l’évidence, car où serait son mérite ?Il n’y a pas de vertu à reconnaître qu’on existe, quedeux et deux font quatre, et que Dieu existe. Elleest libre par conséquent; autrement pourquoi aurait-elle sa récompense ? Les apôtres, témoins des miraclesdu Sauveur, pouvaient-ils les révoquer en doute?Trouvaient-ils dans leur raison une seule hypothèsecontre leur évidence ? Où est leur mérite pour avoiradmis la Divinité de Jésus-Christ ? S’ils n’avaientpas pour eux leur dévouement, leurs sacrifices, leursbonnes œuvres, quel salaire leur était dû ? C’étaiten eux la certitude, et non pas la croyance, et nonpas la foi.
Mais , dira-t-on , la foi et la raison sont donccontradictoires ?... Comment ! est-ce que la certitudeest contradictoire à la croyance, la vraisemblance àla vérité ? Ne peut-il pas arriver que le même faitsoit évident pour l’un, et seulement probable pourl’autre ? Je vois , je sens la lumière : c’est pour moiune certitude. L’aveugle l’ignore et la croit. La lu-mière en est-elle moins la lumière ? aurait-elle cesséd’être, parce qu’un aveugle incrédule nierait sonexistence ? Ainsi marchent ensemble ou séparées laraison et la foi. Quand la première , épuisée de sesrecherches, arrive au point où elle est forcée de re-