1 o8 l’IIlLOSOPSlÉ
de la monarchie, le jeune enthousiaste du régime;eonslilulionnel , le soldat, l’artisan, le laboureur,l’étranger, le valet de chambre du prince auronttous la même idée? A peine si dans la foule de no-tions diverses que ce mot va susciter dans les esprits,vous trouverez un seul élément commun à toutes.Et pourtant, chacun parlera du même homme :chacun en parlera avec les pensées que ce mot, leRoi , lui rappelle.
Où sont donc les mots qui ont un sens absoluindépendant des caprices de nos études , de nosgoûts? Qu’on les montre , et je comprendrai la que-relle des réalistes et des nominaux.
Les premiers prétendaient que les idées généralessont des types invariables, auxquels se rapportenttoutes nos pensées : que ces moules d’idées , ces for-mes premières nous sont présentés par la nature :enfin que les mots qui les expriment nous les fontconnaître tels qu’ils sont en effet.
Les seconds regardaient ces généralités idéalescomme de vains fantômes, et les mots qui les dési-gnent , comme des sons :
Sunt verba et voces, prætefeàque nihil.
Ils assuraient avec audace qu’il n’y a dans la natureque des individus.
Pauvres raisonneurs , qui ne voyaient pas quel’individu nous.manque de tOi\s côtés comme legenre : que les langues humaines , malgré leur pré-tention à gouverner la pensée, se soumettent, dans