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PREM1ÈHE PARTIE,tout un : ce sont eux qui vous demanderont sérieu-sement si l’homme voit clair en naissant, et s’il a desidées avant de savoir parler. Laissons les dire, etpoursuivons.
Etre attentif, c’est isoler, par la seule puissance desa volonté, un sentiment, une sensation , un rapport,c’est-à-dire, une de ces innombrables manières d’êtrequi toujours se présentent réunies, et resteraientconfuses si l’on ne pouvait les séparer. Etre attentif,c’est se livrer tout entier à une seule impression ; êtreattentif, en un mot , c’est abstraire.
L’attention est la clef de toutes les opérations, c’estle secret de la force humaine. Quand elle est faible,capricieuse, vagabonde, tout languit dans la pensée,tout se trouble : les sentimens s’altèrent à mesurequ’ils naissent, les sensations s’effacent en mêmetemps qu’elles se succèdent ; les conceptions les plusvives, les plus brillantes s’évanouissent sans laisserde traces. Maîtresse d’elle-même au contraire, et ca-pable de se posséder long-temps, elle s’empare d’unobjet, elle le fixe en elle, ou plutôt l’identifie avec elle.C’est alors que ses produits nous étonnent, et nousapparaissent comme des prodiges : c’est alors que legénie, surpris lui-même d’avoir construit des mer-veilles avec un instrument si simple , répond à quilui demande comment il a trouvé le système dqmonde : en y pensant.
Et que faut-il faire , pour posséder cette force d’atitention qu’aucun obstacle ne rebute , qu’aucun tra-vail n’épuise, qui, semblable au phénix; de la fable ,