PREMIÈRE PARTIE. î3
toutes les opérations, dont le développement suc-cessif peut l’élever un jour au premier rang des in-telligences.
1. Un petit nombre de sentimens, un grand nom-bre de sensations l’accueillent à son entrée dans lavie. Il souffre, ou il se trouve bien ; il aime l’un deces états, et repousse l’autre ; il craint ou il espère :puis des formes, des couleurs, des mouvemens, deslumières, des ombres , se croisent, se combinent àla fois devant ses yeux; des sons variés, mais confusassourdissent ses oreilles; des saveurs délicieuses,mais incompréhensibles, glissent sous son palais, etdes contacts froids ou chauds, des résistances solides,des enveloppes flexibles et moelleuses, de douces ca-resses, viennent tantôt heurter, tantôt effleurer letissu délicat de sa peau. U ne remarque rien, il neconnaît rien encore : mais attendez. Une clarté plusvive ( l’éclat d’une bougie par exemple) a frappé savue : ou bien c’est une douleur plus forte que toutesles sensations , qui s’est emparée de lui. Il la re-
tant d’excellentes analyses, et surtout de l’esprit d’ordrequi préside à ses recherches, exclut l'imagination du nombredes facultés par la raison suivante :
« L’imagination n’est que la réflexion lorsqu’elle com-bine des images : et la réflexion se composant elle-mêmede raisonneinens , dé comparaisons , et d’actes d’attention ,n'est pas une faculté distincte de ces facultés. »
Et si l'imagination ; et si la réflexion étaient autre choseque ce que l’écrivain lésa faites. 1 C’est ce que flous allonsexaminer.